Pouilly-Fuissé en quelques mots
Pouilly-Fuissé est une appellation de vin blanc de Bourgogne, issue uniquement du chardonnay, dans le sud du Mâconnais, juste à l’ouest de Mâcon. Elle est devenue appellation d’origine contrôlée le 11 septembre 1936, parmi les toutes premières de France. Auparavant, les vins du secteur étaient souvent appelés simplement Pouilly. Lorsque le système des appellations s’est mis en place, le nom a été partagé : Pouilly-Fuissé d’un côté, puis les plus petites Pouilly-Loché et Pouilly-Vinzelles de l’autre.
Le vignoble couvre un peu moins de huit cents hectares selon les années et les sources, répartis sur quatre villages : Fuissé, Solutré-Pouilly, Vergisson et Chaintré. Les sols mêlent calcaire et argile, avec des nuances d’un coteau à l’autre, et les vignes s’étagent entre deux cents et trois cents mètres environ. Le style va du vin vif et minéral au vin rond et généreux, selon l’exposition, l’âge des vignes et la main du vigneron. Une belle bouteille se garde de nombreuses années.
Une confusion fréquente mérite d’être levée tout de suite : Pouilly-Fuissé n’a rien à voir avec le Pouilly-Fumé. Ce dernier vient de la vallée de la Loire et naît du sauvignon. Même premier mot, autre région, autre cépage, autre vin.
Les quatre villages de l’appellation
Fuissé, qui donne la moitié de son nom à l’appellation, est un village de maisons de pierre et de caves où de nombreux domaines reçoivent. Solutré-Pouilly s’étend au pied de la roche la plus célèbre de Bourgogne, et le hameau de Pouilly, sur la commune, fournit l’autre moitié du nom. Vergisson se blottit sous son propre escarpement calcaire, un peu plus sauvage et plus calme, avec des vignes sur des pentes raides et caillouteuses.
Chaintré, plus au sud et à l’est, vers la plaine de la Saône, offre des coteaux plus doux et une longue tradition viticole. On passe d’un village à l’autre en quelques minutes, et pourtant chacun a son caractère : les vignerons vous expliqueront volontiers pourquoi un vin de Vergisson ne ressemble pas à un vin de Chaintré. Cette conversation, le verre à la main, reste la meilleure introduction à l’appellation.
Les roches de Solutré et de Vergisson
Les deux roches sont les emblèmes du paysage : des escarpements calcaires inclinés qui dominent les vignes et se voient de loin dans tout le Mâconnais. Avec le mont de Pouilly, elles forment le Grand Site de France Solutré Pouilly Vergisson, label obtenu en 2013 et renouvelé depuis. Le sentier qui mène au sommet de Solutré est court mais raide, et la vue sur le vignoble, la vallée de la Saône et, par temps clair, les Alpes, récompense largement l’effort.
Solutré est aussi l’un des grands sites préhistoriques d’Europe. L’archéologue Adrien Arcelin l’a identifié en 1866, et il a donné son nom au Solutréen, une culture du Paléolithique supérieur célèbre pour ses pointes de silex finement taillées en feuille de laurier. La vieille légende des chevaux précipités du haut de la falaise a été abandonnée par les archéologues, qui y voient plutôt un lieu de chasse et de découpe des troupeaux au pied de la roche. Un musée de la Préhistoire est installé en contrebas. Plus près de nous, le président François Mitterrand en fit l’ascension chaque dimanche de Pentecôte, ce qui donna à la roche une renommée nationale.
Les premiers crus : une reconnaissance récente
Pendant des décennies, le Mâconnais n’a compté aucun premier cru. Les choses ont changé lorsque le comité national de l’INAO, l’organisme chargé des appellations, a approuvé en 2020 vingt-deux climats classés en premier cru pour Pouilly-Fuissé, à partir du millésime 2020. Ils couvrent ensemble environ 194 hectares, soit près d’un quart de l’appellation. C’était la première reconnaissance de premiers crus dans le Mâconnais, au terme d’une dizaine d’années de travail des vignerons pour documenter, parcelle par parcelle, sols, expositions, histoire et réputation.
Contrairement à la Côte-d’Or, où le premier cru se rattache à chaque appellation de village, il s’agit ici d’une mention ajoutée sur l’étiquette du Pouilly-Fuissé, suivie du nom du climat. Parmi les vingt-deux figurent Le Clos, Les Brûlés et Les Ménétrières à Fuissé, Sur la Roche et Les Crays à Vergisson, Le Clos de Solutré et Pouilly à Solutré-Pouilly, ou encore Le Clos Reyssier et Les Chevrières à Chaintré. Goûter côte à côte deux premiers crus de villages différents est l’une des expériences les plus parlantes que propose l’appellation.
Les voisins : Saint-Véran, Pouilly-Vinzelles et Pouilly-Loché
Pouilly-Fuissé est entouré d’appellations qui méritent largement la dégustation. Saint-Véran, reconnu en 1971, l’enserre en deux secteurs distincts : au nord autour de Davayé et Prissé, au sud vers Leynes, Chasselas et Saint-Amour-Bellevue. Un détail amuse les visiteurs : le village s’écrit Saint-Vérand, avec un d final, que l’appellation a laissé tomber. Les Saint-Véran sont souvent frais et accessibles, avec un excellent rapport qualité-prix.
À l’est, Pouilly-Vinzelles et Pouilly-Loché, toutes deux créées en 1940, sont de toutes petites appellations, chacune centrée sur un village. Elles naissent aussi du chardonnay, sur des sols voisins, et permettent de comprendre combien quelques kilomètres peuvent changer un vin. La gare de Mâcon-Loché TGV est posée au milieu de ces vignes, ce qui dit bien la proximité du vignoble et du rail.
Comment visiter Pouilly-Fuissé
La plupart des domaines sont familiaux et reçoivent sur rendez-vous : mieux vaut réserver, surtout du printemps à l’automne. La dégustation est parfois offerte, parfois payante et souvent déduite en cas d’achat. Beaucoup de domaines ferment le dimanche et à l’heure du déjeuner, et pendant les vendanges, le vigneron n’a parfois que quelques minutes à vous consacrer. Deux ou trois domaines en une demi-journée, une promenade au pied de la roche et un déjeuner au village : voilà un rythme confortable.
C’est le type de sortie que MCM Prestige, la gamme d’expériences sur mesure de Mon Chauffeur Mâconnais, conçoit chaque semaine. Nos équipes choisissent les domaines selon vos goûts et les réservent en votre nom ; votre chauffeur-hôte, Mathis, vous conduit d’un village à l’autre, raconte l’histoire des roches et traduit quand le vigneron ne parle que français. Certaines étapes peuvent rester une surprise jusqu’au jour même. Les dégustations se règlent directement aux domaines, et le tarif par personne est annoncé avant toute réservation.
Questions fréquentes
Combien Pouilly-Fuissé compte-t-il de premiers crus ?
Vingt-deux climats ont été reconnus en premier cru en 2020, à partir du millésime 2020. Ils couvrent environ 194 hectares répartis sur les quatre villages, soit près d’un quart de l’appellation, et le nom du climat figure sur l’étiquette après la mention premier cru.
Le Pouilly-Fuissé est-il le même vin que le Pouilly-Fumé ?
Non. Le Pouilly-Fuissé est un blanc de Bourgogne issu du chardonnay, dans le sud du Mâconnais. Le Pouilly-Fumé vient de la vallée de la Loire et naît du sauvignon.
Peut-on monter au sommet de la roche de Solutré ?
Oui, un sentier balisé mène au sommet. Il est court mais raide et peut être glissant après la pluie : prévoyez de bonnes chaussures. La vue sur le vignoble et la vallée de la Saône est la récompense.
Les dégustations sont-elles payantes à Pouilly-Fuissé ?
Cela dépend. Certains domaines offrent la dégustation, d’autres la facturent, souvent en la déduisant de vos achats. Dans tous les cas, mieux vaut réserver, car la plupart reçoivent sur rendez-vous.
Combien de temps prévoir pour visiter Pouilly-Fuissé ?
Une demi-journée suffit pour deux ou trois domaines et un passage au pied des roches. Une journée entière permet d’ajouter un déjeuner au village, le musée de la Préhistoire ou une appellation voisine comme Saint-Véran ou les crus du Beaujolais.