Qu’est-ce qu’un cru du Beaujolais ?
Ce guide des crus du Beaujolais commence par une idée simple : le Beaujolais n’est pas un vin, mais une hiérarchie. À la base, le beaujolais, puis le beaujolais-villages, et au sommet les dix crus, chacun portant le nom d’un village ou d’une colline. Tous sont des vins rouges issus du gamay, et tous se trouvent dans le nord de la région, où granites, schistes et roches volcaniques donnent aux vins plus de profondeur que les argiles et calcaires du sud.
Un conseil pratique : l’étiquette d’un cru ne mentionne souvent même pas le mot Beaujolais. La bouteille indique simplement Morgon, Fleurie ou Moulin-à-Vent. Les crus n’ont par ailleurs rien à voir avec le beaujolais nouveau, ce vin jeune mis en vente le troisième jeudi de novembre, qui provient des appellations beaujolais et beaujolais-villages. Un bon cru se savoure à table, et certains gagnent à vieillir de longues années en cave.
Les crus sont en outre très proches les uns des autres : une vingtaine de kilomètres à vol d’oiseau séparent le plus septentrional du plus méridional, ce qui permet d’en comparer plusieurs en une seule sortie.
Saint-Amour, Juliénas et Chénas : le trio du nord
Saint-Amour est le cru le plus septentrional, et le seul situé entièrement en Saône-et-Loire, à la frontière du Mâconnais. Reconnu en 1946, c’est l’un des plus petits crus, et son nom en fait un favori des célébrations. Ses vins sont souvent souples, fruités et charmeurs, faciles à apprécier jeunes.
Juliénas, reconnu en 1938, devrait son nom à Jules César, selon la tradition locale. Ses coteaux donnent des vins plus charpentés et un peu épicés, qui supportent bien quelques années de garde. Chénas, l’un des crus de 1936, compte parmi les plus petits ; son nom rappelle les forêts de chênes qui couvraient autrefois les pentes. On le croise rarement hors de France, ce qui rend la visite du village d’autant plus précieuse : ses vins sont généreux et bien construits, et il partage une partie de ses terres avec Moulin-à-Vent.
Moulin-à-Vent et Fleurie
Moulin-à-Vent ne tient pas son nom d’un village, mais d’un vieux moulin dressé sur une butte au-dessus de Romanèche-Thorins, classé monument historique depuis 1930. Le cru s’étend sur Romanèche-Thorins et Chénas, et on le dit souvent le plus puissant des dix. Ses vins, parfois élevés en fût, se gardent longtemps et développent des notes qui les rapprochent de leurs cousins bourguignons plus au nord.
Fleurie, l’un des crus de 1936, est celui dont beaucoup se souviennent en premier, peut-être grâce à son nom. Au-dessus du village, la chapelle de la Madone, construite à la fin du XIXe siècle, veille sur les vignes et offre l’un des plus beaux points de vue du Beaujolais. Ses vins sont souvent décrits comme floraux et élégants, soyeux plutôt que puissants, avec un bel équilibre entre fruit et fraîcheur.
Chiroubles, Morgon et Régnié
Chiroubles possède les vignes les plus hautes des dix crus, sur des pentes raides tournées vers la vallée de la Saône. L’altitude donne des vins légers, frais et parfumés, parfaits pour un déjeuner dans les vignes. C’est aussi l’un des plus petits crus, et une montée vers les belvédères au-dessus du village offre tout le Beaujolais à vos pieds.
Morgon est l’un des crus les plus connus et l’un des plus généreux. Son coteau le plus célèbre, la Côte du Py, repose sur une roche bleue friable qui donne des vins de profondeur et de longueur. Les gens du pays ont même un verbe, morgonner, pour dire qu’un vin a pris avec l’âge le caractère du Morgon. Régnié, juste au sud, est le plus jeune des crus : il n’a été reconnu qu’en 1988, après des décennies d’efforts de ses vignerons. Ses vins se situent entre le fruit du Brouilly et la matière du Morgon.
Brouilly et Côte de Brouilly
Les deux crus les plus méridionaux partagent le même repère, le mont Brouilly, une colline d’environ 484 mètres qui domine les vignes. Brouilly, reconnu en 1938, est le plus étendu des dix crus, déployé autour du pied de la colline, et donne des vins fruités et ronds, souvent les plus accessibles de la famille.
Côte de Brouilly, reconnu la même année, occupe les pentes de la colline elle-même, sur une pierre bleue volcanique très dure. Les vins y sont plus concentrés et plus minéraux. Au sommet se dresse la chapelle Notre-Dame-aux-Raisins, inaugurée en 1857 après que les vignerons ont demandé à la Vierge de protéger leurs vignes de l’oïdium. Un pèlerinage y a toujours lieu chaque 8 septembre, souvent au début des vendanges, et la vue depuis le sommet compte parmi les plus belles de la région.
Quel cru choisir, et comment en goûter plusieurs en une journée
Il n’existe pas de réponse unique à la question du cru à choisir, mais une règle simple aide. Pour des vins plus légers et parfumés, regardez du côté de Chiroubles, Fleurie, Saint-Amour, Régnié ou Brouilly. Pour davantage de structure et de potentiel de garde, tournez-vous vers Morgon, Moulin-à-Vent, Juliénas, Chénas ou Côte de Brouilly. Puis oubliez la règle, car chaque domaine et chaque millésime ont leur personnalité, et les plus belles découvertes se font en général à la porte de la cave.
En une journée, trois ou quatre domaines suffisent largement. Suivre les crus du nord au sud, ou l’inverse, évite les zigzags : les crus du nord sont à une vingtaine de minutes de Mâcon, et Brouilly à moins d’une heure de Lyon. Ajoutez un déjeuner au village, une halte à la Madone ou au mont Brouilly, et vous tenez une journée pleine et sans précipitation. MCM Prestige, la gamme d’expériences sur mesure de Mon Chauffeur Mâconnais, conçoit précisément ce genre de journée : nos équipes réservent les domaines en votre nom, et votre chauffeur-hôte, Mathis, conduit, raconte chaque village et traduit pendant les dégustations. Certaines étapes peuvent rester une surprise, les dégustations se règlent sur place, et le tarif par personne est annoncé avant toute réservation.
Questions fréquentes
Quels sont les 10 crus du Beaujolais ?
Du nord au sud : Saint-Amour, Juliénas, Chénas, Moulin-à-Vent, Fleurie, Chiroubles, Morgon, Régnié, Brouilly et Côte de Brouilly. Tous sont des vins rouges issus du gamay, dans le nord du Beaujolais.
Le Beaujolais fait-il partie de la Bourgogne ?
Les ouvrages sur le vin les rapprochent souvent, et les crus du nord touchent le Mâconnais. Mais le Beaujolais a son cépage, ses paysages et son interprofession, et il s’étend pour l’essentiel dans le département du Rhône plutôt qu’en Bourgogne.
Un cru du Beaujolais, est-ce du beaujolais nouveau ?
Non. Le beaujolais nouveau est un vin jeune mis en vente le troisième jeudi de novembre, issu des appellations beaujolais et beaujolais-villages. Les crus se dégustent plus tard, et certains vieillissent très bien.
Quel cru du Beaujolais se garde le mieux ?
Moulin-à-Vent et Morgon, en particulier la Côte du Py, sont réputés pour leur potentiel de garde, tout comme Juliénas et Côte de Brouilly. Les crus plus légers, comme Chiroubles ou Saint-Amour, se boivent en général plus jeunes.
Peut-on visiter les dix crus en une journée ?
On peut traverser les dix villages en voiture, mais déguster sérieusement dans chacun n’est pas réaliste. Trois ou quatre domaines, choisis pour montrer des crus contrastés, font une journée bien plus agréable et mémorable.